EDI
Electronic Data Interchange. L'échange structuré, automatique et standardisé de documents commerciaux entre systèmes informatiques d'organisations distinctes.
Définition
L'EDI désigne l'ensemble des pratiques et des standards qui permettent à deux organisations d'échanger des documents commerciaux — commande, accusé de réception, avis d'expédition, facture — en mode machine-to-machine, sans intervention humaine sur le contenu transactionnel. Le contenu suit une syntaxe normalisée (EDIFACT, X12, cXML, UBL…), transitant via un protocole de transport sécurisé (AS2, OFTP2, SFTP, AS4).
Trois caractéristiques distinguent l'EDI d'un simple échange de fichiers :
- Structure normalisée — un BGM n'est pas une chaîne arbitraire, c'est un segment EDIFACT défini par UN/CEFACT.
- Identification mutuelle — chaque partie est identifiée par un code stable (GLN, DUNS, ICD…), pas une URL ou un email.
- Acquittement bidirectionnel — pour chaque interchange, un accusé syntaxique (CONTRL en EDIFACT, 997/999 en X12) confirme la réception et la conformité.
Origine
Le concept d'EDI naît à la fin des années 1960 dans le transport ferroviaire et routier américain, avec le besoin d'échanger des manifestes d'expédition entre transporteurs. La normalisation prend deux trajectoires parallèles à partir de la fin des années 1970 : ANSI ASC X12 aux États-Unis (premier brouillon en 1979, ratification en 1985), et UN/EDIFACT en Europe (lancé par UN/ECE en 1986, version 1 publiée en 1987). Les deux standards coexistent encore en 2026, X12 dominant en Amérique du Nord, EDIFACT partout ailleurs.
Exemple en contexte
Concrètement, lorsqu'un acheteur passe une commande à un fournisseur en EDI :
- Le système ERP de l'acheteur génère un message ORDERS (EDIFACT) ou un 850 (X12).
- Ce message est emballé dans un interchange portant l'identité de l'émetteur et du destinataire.
- L'interchange est transmis via AS2 (ou OFTP2, SFTP…) chiffré et signé.
- Le fournisseur émet un accusé syntaxique (CONTRL ou 997), puis répond métier avec un ORDRSP (ou 855).
Aucune intervention humaine sur le contenu — l'humain intervient seulement pour paramétrer le mapping et superviser les exceptions.